Wajdi Ghanim en Tunisie : Du mal de l'excision à l'excision du mal

Je me suis défendue depuis les tous premiers mois de la révolution tunisienne de m'exprimer autour du débat « Laïcité et Islam ». A vrai dire, je pensais m'être abstenue. Car en collant à ce sujet l'étiquette de faux débat, je m'exprimais déjà. Ce débat est et restera à mon sens un débat destructeur. Destructeur dans l'absolu mais destructeur, aussi et surtout, pour notre révolution.
Je reste aujourd'hui convaincue que c'est ce débat même qui a transformé le vote du 23 Octobre 2011 en vote identitaire. C'est ce débat même qui a transformé notre révolution qui est – toujours à mon sens – essentiellement une révolution de la faim, en révolution identitaire, amenant ainsi au pouvoir un parti qui s'apparente économiquement au libéralisme et qui est donc de droite (même s'il se dit centriste) dans un pays où l'indignation s'apparente à des revendications de gauche.
A analyser le contexte global dans lequel s'inscrit notre révolution, je continue à rejeter le concept de « Printemps Arabe » que l'occident s'obstine à asseoir dans la conscience universelle collective. Ce concept tente d'isoler le soulèvement du peuple tunisien de la vague d'indignation générale qui soulève le monde depuis un an et d'en limiter ainsi l'effet domino à quelques pays arabes ciblés. Mon choix de l'adjectif « ciblé » n'est pas anodin car il convient ici de rappeler que certains pays arabes touchés par les mêmes soulèvements font l'objet d'un blackout médiatique effrayant. Il suffit de se pencher sur le cas du Bahreïn ou de l'Arabie Saoudite. Je ne m'étalerai pas sur le sujet aujourd'hui.
Revenons à la vague d'indignation planétaire qui secoue le monde depuis un an. Il y a eu l'Espagne et les indignés de Madrid. Il y a eu Londres, New York, Athènes, Rome, Tel Aviv. Il y a eu les Portugais, Irlandais, Islandais. Il y a encore le Sénégal. En effet, le mouvement est aujourd'hui planétaire et ce que la propagande occidentale et arabe pro-occidentale a choisi – non sans arrière pensées – d'appeler « Printemps Arabe » est en réalité une « tempête universelle ». Oui mais voilà, la propagande a très vite porté ses fruits et le soulèvement tunisien s'est fait extorquer sa portée planétaire.
Le mouvement qui a secoué la Tunisie, comme tous les mouvements qu'il a inspirés, est un mouvement orphelin. Orphelin dans le sens où il constitue un mouvement sans leaders. C'est le mouvement d'un peuple qui a rejeté un système. Un système avec son pouvoir mais aussi avec son opposition. Car cette opposition faisait partie du système. Il s'agit d'une opposition qui puisait son essence dans la dictature-même. Le seul projet, tout à fait honorable, qu'elle portait était de démolir la dictature. Il s'agit donc ici d'une énergie destructrice sans réel projet de construction. C'est peut-être l'une des raisons qui ont fait que cette opposition, aussi déterminée qu'elle l'eût été, soit restée incapable, malgré un acharnement soutenu sur plus d'une décennie, de démolir l'autocratie de Ben Ali. Car pour démolir une autocratie, il faut incontestablement l'implication de la masse populaire. Or, cette masse a besoin de croire en un projet pour s'impliquer et il n'y avait pas de projet. Pour dire vrai, il y en avait un : le projet islamiste. Mais l'autocratie l'avait bien repéré, celle de Ben Ali mais aussi celle de Bourguiba avant lui. Elle a donc coupé les ponts reliant le projet islamiste à la masse populaire à travers une répression farouche qui a su dissuader cette dernière d'adhérer au projet ou plutôt d'y adhérer physiquement car intellectuellement, une frange de cette masse populaire savait qu'il existait quelque part un projet alternatif. Pourtant, le soulèvement du mois de décembre 2010 ne s'est pas effectué en soutien du projet en question, car la peur de la répression farouche paralysait encore la frange qui y adhérait et les ponts reliant le projet à cette frange étaient encore coupés.
Qui s'est donc soulevé en cet extraordinaire mois de décembre 2010 ? Il s'agit d'une autre frange, une masse qui n'adhérait pas forcément au projet islamiste et qui donc n'était pas paralysée par la peur d'une répression farouche mais aussi une masse qui n'avait pas forcément de liens avec l'opposition – autre qu'islamiste – car si ces liens avaient été établis, l'opposition n'aurait pas peiné à détruire l'autocratie bien avant ce mois de décembre. Il y a donc eu une implosion du système lui-même et c'est cette implosion qui s'est propagée dans les quatre coins de la planète et qui continue de se propager encore aujourd'hui. Nous assistons à l'implosion du système économique mondial.
Ainsi, ce mouvement, né orphelin, a tenté et tente encore (vainement ?) de trouver des parents adoptifs. Mais il y a deux problèmes. D'un côté, il n'y a toujours pas de vraie alternative au système. D'un autre, le seul projet de construction qui existait du temps de l'autocratie était le projet islamiste. Combiné à la dimension arabe imposée par la propagande occidentale et arabe pro-occidentale, c'est tout naturellement que le mouvement s'est laissé faire adopter par le seul projet de construction disponible. Mais ce n'est pas tout. Car il existe à mon sens une autre donnée substantielle qui a amené les islamistes au pouvoir. C'est que le mouvement implosif a rejeté également un pilier fondamental du système, à savoir la diabolisation des islamistes. Et c'est cette donnée qui rend encore plus compliqué aujourd'hui l'émergence de la vraie alternative.
En effet, si le projet islamiste n'est pas considéré comme étant la solution par la frange de la masse responsable de l'implosion c'est parce qu'il s'agit d'un projet réformiste. Or, une révolution n'est une révolution que lorsqu'il y a rupture. Mais comment parvenir à critiquer un tel projet sans tomber dans le piège de l'amalgame que fait l'autre frange de la masse entre islam et islamisme ? Comment expliquer que le système est pourri dans son intégralité et qu'il faut le démolir tout entier sans restituer l'un des piliers fondamentaux du système que l'on veut démolir et qui est la diabolisation des islamistes ? Comment démolir un système sans entrer dans un combat qui le ressuscite ?
C'est aujourd'hui le dilemme auquel est confronté une révolution orpheline prise en sandwich...
Ceux qui attendent le passage où je traiterai de la visite très controversée de Wajdi Ghanim en Tunisie seront déçus car je continue, peut-être à tort, à m'interdire de traiter de débats identitaires. J'ai choisi de donner ce titre à mon article parce que j'observe avec beaucoup de désarroi que seuls les textes qui alimentent les débats identitaires attirent l'attention, alors j'ai triché.
J'ai triché parce que je rêve de démolir tout le système et que je refuse d'entrer dans un combat, perdu d'avance, qui ne fera que le ressusciter.
Crédit photo : Jim Kazanjian
رسالة من شباب آمن بالمؤتمر من أجل الجمهورية إلى قيادات آمنت بشباب المؤتمر
رسالة من شباب آمن بالمؤتمر من أجل الجمهورية لقيادات آمنت بشباب المؤتمر
نحن مجموعة من الشباب التونسي الذي ساند المؤتمر من أجل الجمهورية و صوت لقياداته و ممثليه إقتناعا منه بمشروع ديمقراطي يقطع نهائيا مع جميع أشكال الديكتاتورية و الاستبداد حفاظا على سيادة الشعب و عملا على تحقيق مبادئ و أهداف ثورته
نتمنى ان يبقى المؤتمر صامدا كما عهدناه وان لا نظهر في الصورة كحزب يلهث وراء المناصب
إعلموا أننا سندافع على مبادئ الحزب وعن ثوريته مهما وقعت ازمات طالما دافعتم على المشروع الذي يجمعنا
نحن اليوم نرجوكم أن لا تسمحوا بأن تضيع على الشعب التونسي هاته الفرصة التارخية وأن تساهموا بكل ما أوتيتم من جهد في جعل الشعب يختار دستوره و يحافظ على حريته التي أعطى من أجلها الكثير
إن مشروع قانون تنظيم السلط العمومية المقترح يمثل في بعض نقاطه تهديدا واضحا لمبادئ السيادة و الديمقراطية و أخطر نقطتين يجب رفضهما برأينا في هذا المشروع : سحب الثقة من الحكومة بأغلبية الثلثين وامكانية المصادقة على الدستور (الوثيقة التي يفترض ان تحوز على أكبر قدر ممكن من التوافق) بالأغلبية البسيطة ودون تنصيص على استفتاء عليه.
المرزوقي وحزب المؤتمر، أمام لحظة الحقيقة الآن : امّا الاكتفاء بمنصب رئيس الجمهوريّة ذي الصلاحيات الشرفيّة مقابل المصادقة على هذه المهزلة الخطيرة وامّا رفضها والانتصار لمبادئ الحزب المعروفة ولخطّه السياسي الجذري. وقتها قد يخسر المرزوقي رئاسة الجمهوريّة الشرفيّة لكنّه بالتأكيد سيتوّج الى الأبد رئيسا شريفا في قلوب التونسيين. المعادلة اذن بالنسبة للمرزوقي هي برأينا و برأي الكثيرين كالتالي: الرئاسة الشرفيّة أم الرئاسة الشريفة
صلاحيات رئيس الدولة لا تهمنا بقدر ما تهمنا وسائل و آليات المراقبة. مصلحة تونس أهم من كل المصالح الحزبية. نحن مع للتوافق و احترام صوت الأغلبية، و لكننا نرفض المساهمة في غلق المنافذ و إنعدام امكانية سحب الثقة.
بكلّ صراحة، ورغم كلّ ما يختلج في أنفسنا لا نفهم كيف أنّنا كأعضاء في حزب المؤتمر من أجل الجمهوريّة نفقد تحكّمنا في ذواتنا وثقتنا في أنفسنا أمام أوّل اختبار نمرّ به ونحن ننتقل من يُسر المعارضة إلى عسر المسؤوليّة.
و حتّى في حالة إقرار قانون منظّم للسّلطات العموميّة بصلاحيّات تنفيذيّة ضعيفة للرّئيس، وحتّى في حالة عدم تحصّلنا على كلّ ما نريده من أسباب المسؤوليّة لتطبيق ما وعدنا به، ما الذي يمسّ في كلّ ذلك من مبادئنا أو قيمنا ؟ وما علاقة القيم والمبادئ بموازين القوى ونجاحنا أو فشلنا في استثمارها ؟ نحن ندرك جيدا أنّ وزننا هو ثلث وزن حزب حركة النّهضة وليس شديد البعد عن التّكتل والعريضة إلا إنّ الانتماء لحزب هو ولاء لمشروع من أجل الوطن، والمشروع بحاجة للتّنظيم، وإن أخطأ المكتب السّياسي للحزب فإنّ المشروع وأساسه التّنظيم يعلو على الجميع.
ومن كان ولائه لمشروع من أجل الوطن فلا بدّ له من تحمّل مكاسبه ومغارمه وأخطائه وزلاّته و أن يعمل على تحويل كلّ هذا وذاك إلى قوّة أمّا القنوط والتّسليم بوجود خطيئة كبرى تتبعها كارثة كبرى لا بدّ لها من تفكيك كلّ تنظيم فهو ضعف إيمان بمشروع وخسران لمن نذر نفسه للوطن.
إنّه لا يصحّ أن ننظر إلى المكتب السّياسي فإن اعتراه اضطراب اعترانا أضعافه، وإنما يجب أن ينظر إلينا المكتب السّياسي المضطرب فيجدنا مطمئنين مستقرّين عازمين على تطبيق المشروع عاجلا أم آجلا ساعين لتحويل كلّ ضعف إلى قوّة وكلّ نكسة إلى نصر لّأننا بكل بساطة لسنا في حزب ستاليني والحزب الدّيمقراطي هو الذي تكون فيه القواعد قائدة بسلوكها وبنهجها لا بما تمنّه عليها قيادتها...
نحن شباب آمن بالمؤتمر لأنه اعتبر أن المشروع الذي قدمه و دافع عليه المؤتمر أفضل مشروع للوطن يحمي سيادته و حريته و كرامته و يحقق أهداف ثورته و يضع الأرضية المناسبة للقطع النهائي مع الماضي و محاسبة من أجرموا في حق الشعب و بناء مجتمع ديمقراطي يتم فيه احترام الجميع من أغلبية و أقليات و يتضامن فيه الجميع دون اعتبارات إيديولوجية للإصلاح و ترسيخ العدالة و رفع المظالم. نحن شباب آمن بالمؤتمر لأنه لا يعارض لرومانسية المعارضة و يكن للجميع عميق الاحترام و لا يعادي إلا من عادى مصالح هذا الوطن
نعم للوفاق و الاستقرار لا للإلتفاف على سلطة الشعب
نعم للإصلاح العميق لا للحلول الترقيعية و الوقتية
عاشت تونس، عاش المؤتمر قلعة النضال، عاش شباب المؤتمر صمّام الأمان و حامي للثورة
L’Assemblée Constituante : Et après ?
J’ai le blues depuis hier. A en croire les quelques échanges que j’ai eus avec certains proches aujourd’hui, il semblerait que je ne sois pas la seule.
Certains parlent de déprime, d’autres décrivent une sensation de vide étrange, d’autres sont extrêmement fatigués. Je pense que c’est tout à fait normal au bout de onze mois de sensations intenses, mélange d’amour et de haine, de pitié et de compassion, de vérité et de mensonges, de réalités et d’illusions, d’émotions et d’indifférence, d’espoir et de désespoir, d’excitation et d’abattement. Je pense que c’est bien normal d’être fatigué lors d'une Révolution.
En dépit de toutes les émotions qui peuvent nous habiter depuis hier, les faits sont là. Nous avons enfin notre Assemblée Constituante. Je trouve qu’elle est bien colorée et quoique l’on puisse dire, le kaléidoscope est à mon sens assez fidèle à la réalité. Le peuple a choisi ses représentants mais ne semble pas leur donner carte blanche. Il reste vigilant et c’est rassurant.
Je parcourais en silence mon fil d’actualité Facebook. Je me désolais de voir que la dimension identitaire et spirituelle continuait à diviser les internautes. Puis j’ai regardé avec beaucoup d’intérêt et de peine les vidéos de Kasserine et son indignation retentissante suite au fâcheux oubli dont ont fait objet les martyrs de la région lors de la séance d’ouverture de l’Assemblée Constituante. Une grave erreur...
J'ai poursuivi mon petit tour quand soudain, je suis tombée sur cette photo :
J’ai marqué un long temps d’arrêt, à fixer cette petite fille… Je n’avais bizarrement pas de peine mais j’étais littéralement transpercée par un très fort sentiment de honte. J’avais honte d’être assise derrière mon écran, bien au chaud, à réfléchir deux secondes avant si j’allais faire sauter mes pommes de terre au beurre ou si j’allais plutôt pencher pour de la purée. J’avais honte.
J’ai pensé un moment que c’était la vie et que la vie c’était de la merde. Je me suis rappelée cette magnifique scène de « Léon », où Mathilde abattue demande à Léon : « La vie c'est comme ça tout le temps ? Ou c'est seulement quand on est petit ? » et Léon qui lui répond : « C'est comme ça tout le temps. ».
J’ai passé encore un long moment à observer cette photo puis je l’ai partagée sur mon profil. J’ai vite vu qu’elle interpelait beaucoup de monde mais aussi que je n’étais pas la seule à avoir honte. Alors j’ai pensé : Et si la vie n’était pas comme ça tout le temps ? Si nous étions nombreux à ressentir cette même honte ? Si cette honte se transformait subitement en un moteur productif capable de changer les choses ? Si notre Révolution parvenait enfin à éveiller en nous ce côté humain qui s’indigne pour ce qu’il a et que les autres, injustement, n’ont pas. Si un mouvement intellectuel, économique, culturel et social, solidaire et structuré pouvait naître de cette Révolution, au-delà des idéologies, au-delà des croyances, un mouvement désintéressé pour que nous n’ayons plus jamais honte.
Ce n’est peut-être qu’un rêve mais ce rêve a fait disparaître mon blues. Le vide que je ressentais depuis hier n’y était plus et j’ai su quel chemin je voulais prendre après la naissance de cette Assemblée Constituante. J’ignore encore quelle forme aura le chemin ni quel itinéraire je devrai suivre mais je sais que je ne veux plus jamais ressentir cette honte qui m’a envahie.
Tunisie : De la polémique autour des mères célibataires
Après les polémiques autour de la laïcité, la liberté d'expression, la francophonie, voici aujourd'hui la polémique autour des mères célibataires, bientôt peut-être une polémique autour de la peine de mort...
Je n'aime souvent pas alimenter certaines polémiques, non pas par manque de neutralité ou par mauvaise foi comme le soutiennent certains, mais plutôt par manque d'informations ou par ignorance de certains sujets.
J'ai décidé tout de même ce soir d'écrire ce billet au sujet des mères célibataires, parce que le sujet me touche de très près pour des raisons personnelles que je n'exposerai pas ici.
J'ai suivi depuis ce matin avec beaucoup d'intérêt mais aussi avec beaucoup de perplexité la polémique qu'a engendrée l'intervention, très peu brillante à mon sens, de Mme Souad Abderrahim, membre du parti Nahdha sur Monte Carlo Doualiya. Une polémique qui, comme d'habitude depuis quelques mois, traite de tout sauf des définitions.
Ce billet est un appel à la réflexion, ce n'est qu'un ensemble d'interrogations et ceux qui y chercheront une prise de position ou une réponse, seront vite déçus car il n'en contient pas.
Définitions utiles :
Revenons d'abord à la notion de mère célibataire. Qu'est ce qu'une mère célibataire ?
Dans l'usage courant, une mère célibataire est une mère qui élève seule son/ses enfant(s). Il s'agit donc ici d'une forme de famille monoparentale.
Une famille monoparentale est une famille formée d'un seul adulte (mère ou père) et d'un ou plusieurs enfants.
Une famille monoparentale n'est pas une famille éclatée comme pourraient le suggérer certains abus de langage. Une famille éclatée est le fruit d'un divorce. Une famille monoparentale par contre est le résultat du décès de l'un des conjoints (l'autre conjoint est donc veuf/veuve), d'une grossesse hors mariage ou encore de l'adoption d'un enfant par un seul adulte.
En démographie, une mère célibataire est une femme élevant seule son/ses enfant(s) et qui n'a jamais été mariée.
Première interrogation : Autour de quelles mères célibataires tourne la polémique ?
A mon sens, si la polémique tourne plutôt autour de la monoparentalité, la placer dans le cadre de l'égalité homme/femme me semble un faux raisonnement étant donné que la monoparentalité touche par définition aussi bien les femmes que les hommes. Elles touchent les adultes indépendamment de leurs sexes.
Si la polémique ne tourne pas autour de la monoparentalité, quel est alors le cœur alors de cette polémique ?
Revenons aux définitions.
Une mère célibataire élève seule son enfant : pourquoi et dans quel cadre ?
1 – Dans le cadre d'un mariage : le père de l'enfant, en d'autres termes le mari, est décédé. La mère est veuve. Ce premier cas de figure ne semble poser problème ni en Tunisie ni ailleurs car l'enfant est issu d'une union « sociétalement » légitime.
2 – Hors cadre du mariage : Et ici, plusieurs cas de figure se présentent :
a – La mère est une femme qui a été violée et connait son agresseur.
b – La mère est une femme qui a été violée et ne connait pas son agresseur.
Dans les deux cas, la femme violée qui est tombée enceinte peut se retrouver dans l'une des situations suivantes :
ab1 – Elle s'est rendue compte « à temps » de sa grossesse et a décidé d'avorter.
ab2 – Elle s'est rendue compte « à temps » de sa grossesse et a décidé de garder son enfant.
ab3 – Elle s'est rendue compte « après délai » de sa grossesse et n'a d'autre choix que celui de garder l'enfant. (L'enfant même s'il n'est pas voulu est né. S'il est né de la situation « a » son père est connu, s'il est né de la situation « b » son père n'est pas connu.)
c – La mère est célibataire par choix. Dans ce cas de figure, il existe deux possibilités (au moins).
C1 – Le choix est réactif. Ce qui veut dire que la femme a eu des rapports sexuels consentis suite auxquels elle est tombée accidentellement enceinte, donc sans le vouloir. Dans ce cas, elle réfléchit « après coup » et décide de garder l'enfant.
En poussant le raisonnement plus loin :
C11 – Le père est au courant et veut de l'enfant : ainsi la conception de l'enfant est accidentelle mais sa naissance voulue par les deux parents. Son père est connu.
C12 – Le père est au courant et ne veut pas de l'enfant : ainsi la conception de l'enfant est accidentelle mais sa naissance voulue sauf qu'elle n'est voulue que par la mère. Son père est connu.
C13 – Le père n'est pas au courant : ainsi la conception de l'enfant est accidentelle mais sa naissance voulue uniquement par la mère, son père n'étant même pas au courant. Son père peut-être connu mais aussi inconnu si la mère a eu plusieurs partenaires sexuels sur une période de temps restreinte et qu'elle ignore elle-même l'identité du géniteur.
C2 – Le choix est proactif. Ce qui veut dire que la femme a eu des rapports sexuels consentis, hors mariage rappelons-le, dans le but délibéré d'avoir un enfant et de l'élever seule. Dans ce cas, il existe encore plusieurs situations :
C21 – Le père biologique sait à l'avance que sa partenaire veut un enfant de lui mais qu'elle veut l'élever seule. Le père ne joue que le rôle de géniteur. La conception de l'enfant et sa naissance sont donc voulues par la mère et acceptée par le père. Le père biologique dans la plupart des cas a accepté de rendre service à la mère sans pour autant prétendre au rôle ou aux droits de père. Il pourra se rétracter plus tard, changer d'avis et imposer de jouir de ses droits.
C22 – Le père biologique n'est pas au courant. On dit dans le langage familier que la mère lui a fait un enfant dans le dos. Elle veut un enfant qu'elle élèvera seule. La conception de l'enfant et sa naissance sont donc voulues uniquement par la mère qui taira ou divulguera l'identité du père. Le père est tout de même connu par la mère.
Arrêtons-nous un instant et contemplons ce qui précède...
Une multitude de situations et de cas de figure.
Et là je me demande – et vous vous demandez aussi certainement - :
Quel cas de figure est concerné par la polémique ?
La polémique tourne-t-elle autour d'une « liberté individuelle » : celle de vouloir délibérément un enfant hors mariage ?
La polémique tourne-t-elle autour des rapports sexuels hors mariage ?
La polémique tourne-t-elle autour du viol et de ses conséquences ?
La polémique tourne-t-elle autour de l'adoption ?
Ou alors la polémique tourne-t-elle autour de l'enfant qui dans tous les cas de figure n'a pas choisi le cadre de sa naissance. L'enfant sera voulu ou non voulu, connaîtra son père ou ne le connaîtra pas, souffrira certainement d'un déséquilibre psychique entraîné par son appartenance à une famille monoparentale car non conventionnelle, mais cet enfant sera là, son existence est un fait et il n'y est pour rien.
Comme pour toute polémique récente en Tunisie, beaucoup ne prennent pas le temps de définir le cœur même de la polémique et s'engagent tête baissée à défendre un clan contre l'autre – Parce que ces polémiques entraînent toujours division – sans réfléchir au coeur du sujet défendu par chaque clan...
Pour ma part, je ne peux prendre position du moment que le cœur de la polémique n'est pas publiquement défini.
J'ai par contre deux opinions, d'abord celle de ne pas percevoir le lien entre cette polémique (peu importe son coeur) et la question d'égalité homme/femme puis celle de reconnaître que Dieu (ou la nature pour ceux qui ne croient pas en Dieu) a conçu les hommes et les femmes différemment. Je ne parlerai pas d'inégalité mais de différence. Quand deux personnes s'accouplent, seule la femme peut tomber enceinte. La femme garde donc une « trace » physique de cet accouplement et elle seule peut enfanter. C'est comme cela que l'on a été conçus et je me demande si un jour la quête d'égalité homme/femme ne nous conduira pas jusqu'à remettre en question la nature même des choses et l'essence de la création...
Et permettez-moi un conseil (à prendre ou à laisser) : Il y a toujours dans votre entourage, restreint ou large, une personne directement concernée par toute polémique et pas forcément dans le sens que vous croyez, alors avant de vous laisser entraîner par le tourbillon, essayez d'avoir de l'empathie... de l'empathie et de la retenue...
Coup de Gueule d'une Nahdhaouia
Je partage ici l'article extraordinaire d'une amie extraordinaire, à savoir Samia Touati. Je le partage parce qu'il est à mon sens fort riche en enseignements par rapport à ce que peuvent engendrer rejet, haine et exclusion.
Samia écrivait il y a deux jours un autre texte fort intéressant "Pourquoi j'ai décidé de voter Ennahdha". Un texte qui a suscité des réactions très "passionnées". Très violentes aussi. Des réactions qui ont poussé Samia à réagir. Un coup de gueule qui retentit très fort sur la toile ce soir. Un texte qui pose plusieurs problématiques auxquelles il serait peut-être temps de réfléchir sérieusement, dans le calme mais surtout dans le respect de l'autre...
Le Texte de Samia :
Démocracie 0.0
Avant toute chose, je suis étonnée des remous qu’a occasionnés mon article et mon seul regret c’est de ne pas l’avoir fait plus tôt.
« Pourquoi j’ai décidé de voter pour Ennahdha » se voulait avant tout un test sur la démocratie en Tunisie. Je suis désolée de devoir annoncer que le résultat est un zéro pointé. Permettez-moi d’énumérer les raisons de cet échec cuisant de la démocratie.
- Je n’avais pas posté mon article sur ma page depuis 10 secondes que le 1er commentaire s’est manifesté : une vidéo postée par une personne de ma liste qui montre Ennahdha sous son plus mauvais jour. Premier constat : cette personne n’a pas lu mon article… le titre aurait très bien pu être ironique. Mais elle a fonctionné comme le chien de Pavlov qui salive dès qu’il entend la sonnette annonçant son diner. On appelle ça réflexe conditionné, et en tant que réflexe conditionné, il n’est pas inné, mais est le résultat de longues séances de conditionnement ; la le stimulus, c’est le mot Ennahdha. Donc la de cette personne envers Ennahdha n’a rien de raisonné, ni de réfléchi : ce n’est que le fruit d’un long conditionnement qui a commencé avec Bourguiba, pour se poursuivre avec Ben Ali. Pour preuve, le seul argument qu’elle a pu m’opposer c’est l’attaque au vitriol qui a été reconnue plus ou moins par des membres d’Ennahdha et toutes les violences qu’on lui prête. A aucun moment elle n’a critiqué leur programme économique, politique, social, etc… Je dois souligner que c’est un dénominateur commun à tous les soldats de l’anti Ennahdha : aucun débat constructif, seulement de l’agressivité.
- Premier constat : on ne peut prétendre à la démocratie quand on ne joue pas le jeu démocratique : ne pas lire le contenu d’un article, et attaquer son auteur sont des preuves que nous sommes encore à la préhistoire de la civilisation.
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Autre fait intéressant : la diffamation par la manipulation de données : mon article a « atterri » sur le statut de Mokhtar Mzali, une personne que j’ai supprimée de ma liste depuis un moment sous la forme suivante

Vous noterez comment il a délibérément tronqué et décontextualisé mon article, pour en faire de la propagande anti Ennahdha primaire. Je voudrais dire à ce monsieur la chose suivante : d’abord, quand vous êtes viré d’une liste ça veut dire que vous n’êtes plus le bienvenu, et à plus forte raison, que vous n’avez plus accès à ce que je publie. Vous vous prétendez être un chantre de la liberté, alors que vous êtes incapable de respecter la propriété privée d’autrui. Autre chose : le fait que je sois en possession de cette capture d’écran montre que les gens ont plus d’estime pour moi qu’ils n’en ont pour vous. L’honnêteté intellectuelle, qui vous fait cruellement défaut, aurait requis que vous publiiez l’article dans son intégralité, chose que vous n’avez pas fait.
- Second constat : quand on est prêt à tous les coups bas pour arriver à ses fins, quand on devient mesquin, lâche et manipulateur, on ne peut prétendre vouloir participer à la reconstruction d’un pays : on a rompu avec le passé, et le 23 octobre la rupture sera définitive. Monsieur Mzali, je n’ose que trop vous suggérer de rompre avec ces pratiques de l’ancien régime, que vous semblez maitriser à la perfection ….
- Et là, j’arrive à l’apogée de mon article : car il semblerait qu’il ait déclenché une crise de foie (sans mauvais jeu de mot) chez Rim Saidi, l’ex présentatrice vedette (qui ne mérite même pas votre confiance !!) de la chaine ô combien controversée et chantre de l’extrémisme laique.

Je ne savais pas que mon article avait des vertus curatives : elle qui doit balancer entre la boulimie et l’anorexie devrait m’en remercier : elle n’a plus besoin de se foutre les doigts dans la gorge pour se faire dégueuler. Vous noterez au passage que madame mange des cornflakes : l’histoire ne nous dira pas si ce sont des céréales K de Ki vous savez !!! Par contre ce que j’admire ce sont les adeptes de la secte du gourou Rim Saidi qui rivalisent de créativité pour s’attirer ses faveurs. Je tiens à ce propos à remercier Rania Guitni Triki, qui me traite de « skizo » (ça fait plus moderne écrit ainsi) pour l’image qu’elle dépeint de moi. Ce que vous ignorez peut être c’est que c’est une de mes anciennes étudiantes. Bien sur elle rajoute force détails pour faire comprendre à cette cour des miracles qu’elle me connait « personnellement » : elle balance ma profession, jusqu’aux matières que j’ai enseignées. Dieu merci, je ne lui ai jamais confié mon numéro compte en banque, ni parlé de la taille de mes sous-vêtements ! Ce que je note là c’est que le respect du à une personne qui a été votre professeur et qui a contribué à faire de vous ce que vous êtes aujourd’hui n’est pas de mise quand on parle d’Ennahdha : donc les personnes qui sont soit militants soit sympathisants d’Ennahdha ne sont dignes d’aucun respect. Bien sûr en adulte qui assume la responsabilité de ce qu’elle dit , Mme Guitni Triki s’est empressée de me supprimer de sa liste d’amis et de me bloquer, des fois où « on » se rendrait compte qu’on est amies sur Facebook !(Si j’avais été irrespectueuse moi aussi j’aurais dit que cette étudiante ne m’a jamais marqué ni par son intelligence, ni par son degré de culture ; elle était moyenne et très quelconque ; je ne me souvenais que de son visage, quand elle m’a envoyé une demande d’amis, mais je n’en ferais rien)
- Troisième constat : ces personnes là prétendent vouloir construire une nouvelle société avec de vraies valeurs qui vont sortir la Tunisie des « ténèbres vers la lumière » ; si ce sont là des valeurs qu’elles prônent s’il vous plait laissez nous dans le noir !
- Continuons notre examen de la discussion fort intéressante qu’il ya eu sur le mur de Rim Saidi. Une réflexion typiquement veule et qui dénote du quotient intellectuel du harem de Rim Saidi, et de son inculture par rapport à l’islamisme.
(Vous noterez au passage comment Rania Guitni Triki veut à tout prix montrer au reste de la cour qu’elle me connait : peut-être sa maitresse Rim va lui donner un bonus, qui sait ?). Je vais m’arrêter au commentaire de Makram Tajouri "J'espère que cette conne se fera violer et exciser par des barbis salafistes et qu'elle portera le niqab jusq'à la fin de ses jours pour qu'elle puisse comprendre le sens du mot liberté (moi aussi je peux être extrémiste)": il me souhaite de me faire violer et exciser par des salafistes ; il souhaite que je port le niqab, etc..Ce que j’aimerais lui dire c’est que l’ignorance est une arme dangereuse aux mains d’un imbécile. Ennahdha sont des islamistes, et non des salafistes. Je l’engage donc à aller s’instruire parce que je n’ai jamais vu un tel concentré d’âneries ! Un salafiste est quelqu’un qui prône l’application au mot de la Chariaa : de ce fait, le viol est passible de mort. A moins que le salafiste qui aura l’honneur de me violer aura prononcé un fatwa ! Je tiens à signaler comment les gens font inconsciemment ressortir leurs fantasmes dans leur agressivité…. Ici encore, l’histoire ne nous dira pas si Makram Tajouri a des fantasmes homosexuels….Autre chose: vous noterez son agressivité qui n'a d'égal que sa stupidité: en effet je n'ai pas parlé d'extrémisme dans mon article qu'il n'a surement pas lu (et vu le niveau n'aurait surement pas compris!)
- Quatrième constat : les gens qui se prétendent défendre le modernisme sont d’une inculture et d’un niveau intellectuel qui, avec un peu d’efforts, pourrait bien dépasser celui d’un gosse de quatre ans. Je m’inquiète pour tous ceux qui veulent faire confiance à des gens de se niveau pour construire la Tunisie de demain !
- Je ne veux léser personne : c’est pour cela que je dis à Astrath Istrath( pas la peine de me dire à vos souhaits c’est bien un pseudo !) que c’est super : à force d’être dans les jupons de Rim Saidi le gourou, il a développé des dons de médium : il sait en quelle langue je réfléchis… elle est pas belle la secte des béats ?

S’ils n’arrivent pas à faire la différence entre musulman et arabe, là on a un sérieux problème : le projet de société qu’ils nous offrent serait il d’être un nouveau DOM TOM ??? Nous devrions donc nous inquiéter de notre identité. Là encore, en tant que professeur je ne saurais que trop leur conseiller de se cultiver au lieu de perdre leur temps sur Facebook, sur le mur de leur reine, à jouer aux bouffons.
Donc en conclusion :
-les islamistes sont forcément des gens incultes et surtout pas des gens d’un niveau universitaire.
- les islamistes sont en fait des salafistes : donc la Turquie par exemple, est gouvernée par des salafistes… modérés ??
- Ennahdha est le seul parti au monde capable de transmettre le virus de la gastro entérite (parce que je me suis rendue compte que Rim Saidi n’était pas la seule à avoir vomi !). Pour le virus de la bêtise humaine, de la mauvaise foi et de la méchanceté c’est simple : examinez les photos de profil : vous verrez les pic badges correspondant !
-Les progressistes modernistes démocrates laiques croient avoir des gens de leur côté : que j’ai reçu ces captures de 5 personnes différentes prouve bien que Rim Saidi, qui était déjà connue pour son niveau intellectuel et sa capacité d’ouverture (souvenez vous de sa mise en scène devant Hannibal lors d’un mouvement de protestation), et surtout pour sa qualité de journaliste intègre (surtout à Nessma qu’elle a d’ailleurs quitté ou dont elle s’est fait virer, l’histoire ne le dira pas non plus) prouve combien ces pantins de l’Occident sont abhorrés par les tunisiens (Astrath Istrath, j’espère que mon français n’est pas trop difficile pour toi ….)
Pour conclure, j’encourage tous les détracteurs du parti Ennahdha à s’informer et d’un de l’historique de ce parti et à le situer par rapport aux autres mouvances islamistes en Tunisie. De deux, de relever un peu leur niveau culturel, pour qu’il se situe au dessus de la ceinture.
Quant aux bouffons de la cour de Rim Saidi, qui après avoir quitté Nessma une fois déjà, a fait de la lèche pour être reprise, une personne qui trahit ses meilleurs amis(je pense à Amel Smaoui) ne peut que trahir son pays sans une once de remords : continuez à la flatter elle adore ça ! Mais méfiez-vous c’est une véritable Veuve Noire : qui sait si vous ne serez pas la prochaine victime ?
Bref, quand des gens se veulent garants de la liberté et de la démocratie, je me dis que la démocratie est sérieusement en danger. Et qu’elle n’est pas prête à s’épanouir tant que ces gens là ne seront pas remis à leur place.
PS : j’ai oublié de citer quelques bouffons de la page de Rim Saidi : alors si votre nom ne figure pas dans cet article, vous pourrez toujours m’insulter sur la page de Rim Saidi !!
Crédit Photo : Very Trendy By Hind.A
Dans l'attente du Grand Scrutin, le coeur des Tunisiens bat très fort !
Les mots me manquent aujourd'hui... J'ai la pression... J'ai les boules... Je dors très mal mais surtout très peu depuis quelques jours... L'angoisse, la fatigue, parfois la colère... Puis l'attente, l'impatience et l'espoir...
J'imagine bien que je ne suis pas la seule.
J'essaye de traduire ce volcan de sensations extrêmes sur mon statut Facebook.
J'écris :
« Si tu as le trac, que tu ne sais plus, que tu t'impatientes, que tu essayes au max de te retenir mais qu'à l'intérieur ça bouillonne, si tu as l'impression que tu vas t'écrouler d'une minute à l'autre, que tu vacilles entre extase et déprime, s'il t'arrive par moment d'avoir du mal à respirer, que tu ne dors presque plus... pas de panique, tu n'es pas seul :) Tu es comme des millions de Tunisiens qui vivent pour la première fois de leur Histoire et de l'Histoire de leur pays des élections libres et transparentes et qui se sentent responsables de l'avenir de leur pays ! :)
4 jours, 9 heures, 17 minutes et 10 secondes avant le Grand Jour :') »
Et là, ils me répondent :
« :'))))) can't wait ..
Tunisian's appointment with History ♥ »
[Aly Ben Jalloul]
« J'ai pris un congé ! »
[Foued Kasdallah]
« Idem, je dors plus...
Comme beacoup, je me suis engage en tant que Observateur (ici a New York) !
Tout le monde (quel que soit l'endroit) doit aider pour reussir nos Elections Democratiques !
Quel Plaisir de voir cette Euphorie DEMOCRATIQUE !
Vive le Peuple Tunisien Libre ! »
[Najib Bejaoui]
« Aujourd'hui j'ai dit à une amie : cette semaine je suis follement amoureuse !!!
et ça me dépasse...4 heurs de sommeil ....♥♥♥ »
[Abir Haloui]
« Aghhh je n'arrive plus à fonctionner !!!! »
[Aziz Hathout]
«J'ai 2 exams demain et je n'arrive pas à réviser »
[Rim Bouzaoueche Hamdani]
Puis Abir Haloui reprend : « Les larmes silencieuses...amoureuses... »
Et mes larmes coulent aussi...
Pourquoi j'ai décidé de voter CPR
A exactement une semaine du premier scrutin libre et démocratique de l'Histoire de la Tunisie mais aussi du monde Arabe, mon choix est définitivement fait : Je vote le Congrès pour la République.
Pourquoi ?
D'abord, parce que le CPR regorge de jeunes militants dont plusieurs sont devenus de très grands amis et que j'avais connus au tout début des évènements sur Facebook mais aussi et surtout sur le terrain. Les jeunes du CPR ont été présents chaque fois que la Tunisie a eu besoin d'eux sur les 10 derniers mois. Ils étaient parmi mes rares contacts Facebook à faire circuler l'info en décembre quand une grande majorité avait peur. Ils étaient dans les rues quand personne n'y croyait encore. Ils étaient bien sur sur terrain le 14 janvier à la première heure. Mais ils étaient surtout dans la rue après le 14 janvier, à la Kasbah 1, 2 et la tentative de la Kasbah 3, quand la justice coinçait (et elle coince toujours), quand les membres du G8 se réunissaient à Deauville pour tenter de décider de l'avenir économique de notre pays, quand les blessés de la Révolution, des mois après le 14 janvier, succombaient sous le coup de leurs blessures (et ils succombent encore). Ils étaient là, au Bardo, à manifester pour l'exclusion du RCD lors de la tenue de la Réunion de la Haute Instance pour voter l'Article 15. Les jeunes militants du CPR sont aussi les meilleurs reporters citoyens que je n'ai jamais connus. Caméra à la main (ou téléphone quand les caméras n'étaient pas permises), ils étaient parmi les premiers à rendre visite aux familles des martyrs pour transmettre leur souffrance et traduire leurs attentes et leurs espoirs, ils ont été chez Rajhi après ses révélations, ils ont été au Tribunal pour le procès de Samir Feriani mais aussi pour le procès des Mabrouk mettant le doigt sur cette famille qui échappe encore à la justice. Ils ont infiltré tous les meetings des partis RCDistes pour transmettre leurs pratiques honteuses et leurs propos scandaleux. Ils ont infiltré les manifestations contre-révolutionnaires (à mon sens) pour transmettre l'esprit qui y régnait. Ils le faisaient loin des honneurs et des projecteurs, avec pour seul souci : transmettre la réalité du terrain quand les médias peinaient à le faire ou qu'ils s'abstenaient de le faire...
Oui les jeunes du CPR n'étaient pas les seuls, il y avait aussi les jeunes du PCOT et de Ennahdha et des indépendants comme Tarak Kahlaoui, Fathi Chamkhi, Mokhtar Yahyaoui, Abdennaceur Laouini... Malheureusement, je n'ai qu'une seule voix...
J'ai donc décidé de voter CPR tout d'abord pour sa jeunesse.
Ensuite, j'ai décidé de voter CPR pour ses grands militants. Manquant de culture politique au tout début des évènements et avide de connaître la Vraie Histoire de mon pays, j'ai beaucoup fouillé dans les archives. J'ai alors découvert Moncef Marzouki mais aussi Mohamed Abbou, son épouse Samia Abbou, Abderraouf Ayadi. J'ai aussi découvert leurs excellents rapports avec des Hommes pour qui je voue un infini respect comme (au risque de me répéter) Tarak Kahlaoui et Abdennaceur Laouini. Je me rappelle cette vidéo de Moncef Marzouki, sur son lit d'hôpital à exiger le départ immédiat de Ben Ali. Je me rappelle sa vidéo nous appelant à la désobéissance civile, concept que je ne connaissais pas encore en décembre car oui j'étais politiquement inculte (peut-être même que je le suis encore aujourd'hui). Et puis, au risque de paraître ridicule, et n'ayant quitté les manifestations et la rue que le 15 Août, j'avais inconsciemment fait de Mohamed Abbou un repère. Etant donné la multitude de manifestations et de Sit-in organisées ces derniers mois, il m'arrivait d'avoir par moment peur d'être manipulée et puis j'apercevais Mohamed Abbou en première ligne et j'étais rassurée.
Je sais que les militants du CPR ne sont pas les seuls, qu'il y a aussi le Grand Hamma Hammami, Radhia Nasraoui, Sihem Ben Sedrine, Samir Dilou, Noureddine Bhiri, mais je n'ai malheureusement qu'une seule voix...
J'ai décidé donc de voter CPR aussi pour l'Histoire et le combat de ses militants.
Puis, j'ai décidé de voter CPR pour la tolérance et la profondeur de ses sympathisants. Quand beaucoup d'autres partis et mouvements se sont adonnés à une guerre farouche contre les islamistes, faisant de l'identité nationale et de l'article Premier de la constitution leur principal débat, les sympathisants du CPR étaient beaucoup plus portés sur les questions de justice sociale, de corruption, d'ingérence, de souveraineté. Puis, il y a eu cette rumeur concernant l'alliance avec Ennahdha et j'observais les sympathisants du CPR en train de la combattre toujours dans la mesure et dans le respect. J'aime observer les sympathisants du CPR discuter et défendre leurs idées dans le calme et la retenue. J'aime leur assurance et leur optimisme. J'aime leur ouverture au dialogue. J'aime leur sens de l'écoute. J'aime quand je vois qu'ils ne sont ni dans le rejet des communistes ni dans le rejet des islamistes. D'ailleurs, ayant des amis très chers dans les deux partis (PCOT et Ennahdha), j'apprécie énormément le respect mutuel entre les jeunes des trois partis. J'aime aussi voir comment les sympathisants du CPR ne sont pas aveuglés par leur parti poussant ainsi (en pleine campagne électorale) des listes indépendantes au devant de la scène et vantant leurs compétences et leur intégrité. J'aime cette solidarité.
J'ai donc décidé de voter CPR pour la grandeur et l'humanisme de ses sympathisants.
Enfin, j'ai décidé de voter CPR pour son programme. Oui, parce que les axes, les valeurs et les réformes pour lesquels je compte donner ma voix sont d'une importance cruciale.
« Le CPR considère qu’il faut insister sur la réaffirmation de l’identité arabo-musulmane du peuple tunisien qui demeure ouverte sur les autres civilisations » et l'explique...
« Le CPR appelle à protéger les libertés individuelles et collectives et à les considérer dans leur intégralité. » et l'explique...
« Le CPR recommande de considérer la torture comme un crime imprescriptible contre l’humanité » et affirme que « c'est la justice indépendante, et non pas l’administration, qui est garante des libertés »
Le CPR est pour un régime mixte, « régime politique dans lequel les différents pouvoirs sont équilibrés » et l'explique...
« Le CPR considère qu’il est fondamental de procéder d’urgence à la réforme du système judiciaire » et l'explique...
Le CPR affirme que « la politique de sécurité intérieure doit reposer sur l’équilibre entre, d’un côté le maintien de l’ordre et de la sécurité et, de l’autre côté de la garantie et de la protection des droits de l’homme. » et l'explique...
Le CPR a pensé à la politique de défense nationale et l'explique...
Le CPR prône une économie pragmatique où « l’Etat joue le rôle de régulateur et de garant de la souveraineté nationale, d’instaurateur de l’équité sociale et de protecteur de l’environnement. » et l'explique...
Le CPR n'a pas omis de réfléchir à la question de la dette odieuse.
Le CPR est conscient du problème des statistiques.
« Le CPR appelle aussi à réexaminer les grands contrats passés ces deux dernières décennies. »
Le CPR parle de consolider les partenariats avec les pays émergents, développer et promouvoir les échanges avec les pays maghrébins, arabes et africains, développer l'agriculture et renforcer les PME et pousser à leur spécialisation.
Le CPR prône l'innovation dans le domaine touristique et reconnaît la défaillance structurelle de ce secteur.
Le CPR appelle à constitutionnaliser le recours à la dette extérieure.
Le CPR appelle à la conception d'une « Charte Sociale Nationale » et l'explique...
« Le CPR considère l’environnement comme une préoccupation majeure qui relève de la responsabilité de l’humanité tout entière au vu du réchauffement climatique, de la désertification croissante, de la rareté des eaux et de la réduction des espaces cultivables. » et l'explique...
Le CPR appelle à promouvoir la décentralisation et la consolidation de la démocratie locale et le renforcement de la participation citoyenne.
Et plus encore, et plus encore...
J'ai donc décidé de voter CPR pour son programme, parce qu'il est porteur du projet de société dont je rêve. Idéal et irréalisable me diront certains, peut-être, mais moi j'ai appris à rêver car :
« Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité.
L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. » [Elder Camara]
J'ai décidé de voter CPR parce que j'ai, avant de décider, longtemps cherché ailleurs... Je ne dirai pas que j'ai perdu mon temps parce que ma quête m'a beaucoup appris, mais je sais aujourd'hui qu'avant même d'entamer ma quête, j'avais déjà trouvé... Comme le disait Jean Cocteau «Trouver d'abord, chercher après »
Je profite de cet article pour saluer et souhaiter bonne chance à tous mes amis du POCT, de Ettakatol, de Ennahdha, de l'UPR et aux listes indépendantes :
« Ila el Amam » avec Abdennaceur Laouini en tête de liste (Sfax 1)
« LIPS » avec Mohamed Balghouthi en tête de liste (France 2)
« Sawt Echabbeb » avec Tarek Kahlaoui en tête de liste (Ben Arous)
« El Moussawét » avec Mokhtar Yahyaoui en tête de liste (Tunis 1)
« Iradatou icha3b » avec Mohamed Fadhel en tête de liste (Sidibouzid)
« El Jalaa » avec Riadh Guerfali en tête de liste (Bizerte)
Je tiens également à rendre hommage à Mouna Ben Hlima et à son militantisme citoyen intègre et désintéressé à travers son association « Le Bus Citoyen », au bloggueur et grand penseur Azyz Amami qui m'a incitée à voter quand je n'y croyais plus, à ma co-équipière et grande amie Henda Chenaoui plus connue sous le pseudo « Henda Hendoud » pour son combat pour un journalisme libre et indépendant, à mes amis si chers (dans la sphère réelle ou virtuelle) dont le patriotisme, les combats et la tolérance malgré la différence et la divergence font aujourd'hui ma fierté à savoir Samia Touati, Aly Ben Jalloul, Soukaina Jomni, Kais Hadded, Anis Guiga, Nacef Bennour, Selim Thabti, Ala Zaatour, Riadh El Hammi, Zied Kanoun, Mohamed Amine Ouni, Ziad Miled, Amine Rkik, Hachem Wachem, Tik Tak, Ptite Souris, Tarak Jba, Sonia Ben Rhayem, Firas Sghari, Hamza Bouhela, Hassen, Ahmed, Jasser...
A ma Zincou Chérie, Dora Bacha, pour son humanisme hors pair.
A tous ceux qui se reconnaîtront et que je n'ai pas cités par discrétion ou par oubli...
Et à tous les hommes et toutes les femmes qui nourrissent le rêve d'une Tunisie meilleure.
Une Tunisie digne, libre et souveraine, aujourd'hui j'y crois plus que jamais ! Pourvu que l'optimisme dure !
Crédit Photo : Aly BenJ
Le Monde est Mort, Vive le Monde !
Le monde tel que nous le connaissons est mort. Un monde nouveau est en train de voir le jour. Le capitalisme, le libéralisme sauvage, le progrès aveugle, les modèles occidentaux impérialistes et pro-impérialistes qui se sont longtemps obstinés à traduire les droits de l'Homme exclusivement en termes politiques et religieux et nullement comme une question de droits économiques ou sociaux, en gros, les modèles consensuels de Washington et de l'ONU sont à l'agonie. Les guerres contre le "terrorisme", les illusions de la liberté du culte, de l'égalité des sexes, la dignité humaine aussi illusoire, ne marchent plus...
La machine de la Révolution Mondiale est en marche et l'Histoire de l'Humanité retiendra qu'elle aura commencé en Tunisie. Les peuples indignés se révoltent et pas que dans le monde arabe comme on a voulu l'inculquer dans le subconscient mondial. Les peuples indignés se révoltent partout, en Europe, en Amérique, en Asie. Ils se révoltent tous contre une même et seule dictature, celle de la faim, de l'endettement, de "l'esclavage" au service de la finance, la dictature de l'oligarchie. Et tous les clichés, poudre aux yeux, de la marginalisation des islamistes à l'instrumentalisation de l'image des peuples arabes et africains non évolués, extrémistes et attardés, tous ces clichés sont en train de s'auto-détruire.
Washington après New York est occupée. Un appel à manifestation mondiale dans plus de 100 pays à travers le monde a été lancé pour le 15 Octobre... Obama commence à perdre les pédales et se prépare à porter plainte contre la Chine l'accusant de jouer sur les taux de change monétaire. La Syrie résiste grâce à la Russie qui reprend du poids. La Turquie vient d'arracher un rôle central dans la géo-politique mondiale. La Grèce est en train de s'effondrer, la zone Euro s'effondrera avec et le plan d'austérité ne marchera pas parce que oui, ces plans fonctionnent sur le papier et dans les bureaux des pantins de l'oligarchie mais non, ces plans ne fonctionnent plus sur terrain parce que les peuples ne sont plus une constante mais une variable aléatoire dont on ne peut plus contrôler la trajectoire avec la propagande universelle.
Toute révolution technologique est suivie de révolutions populaires et la révolution Internet vient d'enfanter. Ce cerveau d'intelligentsia mondiale qu'aucune force ne peut abattre et sur lequel les forces armées n'ont aucun contrôle malgré ces tentatives de manipulation à travers la cyber-dissidence orchestrée... C'est la révolution du patrimoine mondial des valeurs, c'est aussi la révolution de l'Afrique, plus grande réserve de développement dans le monde, c'est la révolution de l'Humanisme... Le monde est mort, vive le monde ! We are the 99%... Et les 1% ne peuvent malheureusement pas saisir l'ampleur de ce qui se passe autour, pire encore ils n'ont aucune idée de ce qui se passe autour... Même les peuples indigènes sont en train de bouger... Les 1% se retrouveront bientôt orphelins de leurs illusions de pouvoir, de fausse liberté et d'argent...
Crédit photo : Dailymotion
Lettre ouverte à Leena Ben Mhenni suite à sa nomination pour le Prix Nobel de la Paix
Lettre ouverte à Leena Ben Mhenni
Chère Leena,
Suite à l'annonce de ta nomination pour le Prix Nobel il y a deux jours, nous avons eu un bref échange sur un de mes statuts Facebook. Dans ce statut, je répondais honnêtement et sans détour à cette question que l'on m'a posée discrètement toute la journée : « Leena prix Nobel ! Sincèrement, t'en penses quoi ? ». J'ai donc répondu sincèrement et ai été un peu déçue par ta réaction à ma réponse, une réaction assez agressive et pas assez profonde à mon sens...
Malade d'empathie, je ne peux qu'imaginer ton état d'âme sur le coup, après cette incroyable et indéniable campagne de dénigrement et de diffamation à ton encontre menée par ces petites âmes qui savent Ô combien discuter des personnes mais ne savent nullement discuter des idées.
Chère Leena,
Je suis tout comme toi, une jeune femme Tunisienne, qui a fréquenté - dénudée - les boites de nuit, qui s'est enivrée et continue à s'enivrer de plaisir, d'amour et de vie, qui s'est imbibée et continue de s'imbiber d'alcool – certainement même beaucoup plus que toi – qui a fréquenté et continue de fréquenter amicalement ou pour des raisons professionnelles énormément d'étrangers.
Je suis tout comme toi une jeune femme Tunisienne émancipée, libérée et ouverte pour qui les libertés individuelles sont sacrées, ces libertés individuelles dont j'aime tant jouir mais surtout que j'assume.
Et c'est justement parce que je les assume pleinement que je n'ai pas peur de l'islamisme. Je croise désormais tous les jours des hommes qui portent des barbes (j'ai depuis quelque temps en horreur l'adjectif « barbu »), je croise tous les jours des femmes portant le voile, et c'est pour moi l'une des plus belles preuves de notre liberté fraîchement arrachée. Vivre dans cet environnement riche en différences, marcher dans la rue et observer ces hommes et ces femmes enfin libres d'afficher sans crainte leur croyance et leur conviction me remplit de joie et d'espoir, l'espoir d'un lendemain meilleur, un lendemain fait de tolérance, de respect et d'acceptation de l'autre même s'il ne nous ressemble pas.
Tu me disais dans ton commentaire qu'il ne fallait pas faire l'amalgame entre islam et islamisme. Et je me demande, qui de nous deux fait l'amalgame ? Est-ce moi qui ai envie d'empêcher que ces hommes et femmes si longtemps réprimés pour leurs convictions religieuses ne soient à nouveau torturés, violés, exilés, assassinés pour des raisons politiques, ou toi, qui poussée par une crainte aveugle d'une idéologie – parce que l'islamisme est une idéologie – crie au scandale sur son profil facebook, sur son blog et même sur les plateaux de télés étrangères parce qu'elle croise des « barbus » et des femmes voilées beaucoup plus qu'avant ? Les partis islamistes font dans le social et achètent indirectement des voix ? Mais quel parti politique ne le fait pas excepté les communistes dont l'idéologie est fondamentalement bâtie sur le rejet de la richesse ou un ou deux partis sans idéologie qui ont épousé le pragmatisme et qui donc tentent de séduire par de nouvelles idées ? S'acharner exclusivement sur les islamistes n'est-il pas justement s'acharner sur une religion pour des raisons politiques ?
Chère Leena,
Tu es très bien placée pour savoir que je me suis longtemps trompée. Contrairement à toi, je voyais en la politique de Ben Ali le meilleur projet pour la société tunisienne. Contrairement à toi, j'ignorais tout de ce qui se passait dans les coulisses du pouvoir, j'étais cette enfant, puis cette adolescente, puis cette jeune femme élevée à la propagande et pour qui la politique ne signifiait rien. Contrairement à toi, mes yeux se sont ouverts un fameux 17 décembre, ils se sont ouverts sur la réalité d'une Tunisie que je ne connaissais pas mais aussi sur la réalité du monde. Un monde qui va mal, un monde qui souffre, un monde malmené par des politiques avides de pouvoir et de biens et des médias impérialistes complices au détriment des peuples. Ces peuples hurlent leur indignation dans le monde entier et pas que dans le monde Arabe comme veulent nous le faire croire ceux qui règnent sur le monde. Les indignés se révoltent en Europe, aux Etats Unis, en Asie, ils ont mal, le système les déshumanise, leur prend chaque jour un peu plus de leur humanité. Contrairement à toi j'étais à la fois la victime et l'outil de ce système assassin mais bizarrement, tout comme toi, je pensais que l'Islamisme constituait la plus grande menace à la paix dans le monde. Aujourd'hui, mes yeux se sont ouverts sur le monde et la lutte contre l'islamisme n'est à mes yeux qu'un rempart de paille, mensonger et absurde...
Cette nomination pour le Prix Nobel de la Paix Leena, cette nomination n'est qu'un instrument de plus pour ce système qui nous bouffe chaque jour davantage. Ce système qui a attribué le même prix pour lequel tu es nominée à Barack Obama qui s'exclamait il y a à peine deux semaines par rapport au dossier Palestinien « Il n'y a pas de raccourci pour la paix ! ». Ce système qui a attribué le même prix pour lequel tu es nominée à Shimon Peres. Ce prix qui, pourtant, dans le testament d'Alfred Nobel se voulait récompenser « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix »...
Chère Leena,
Maintenant que tu es nominée pour ce Prix, je prie matin, midi et soir pour que tu l'aies. C'est avant tout une reconnaissance personnelle pour ton militantisme et ta soif de liberté et de vérité. Je me rappellerai toujours la vidéo que tu as tournée à Ouerdanine avec le médecin légiste. Je m'en rappelle pour des raisons anodines que je t'expliquerai peut-être un jour. Mais je prie aussi matin, midi et soir pour que tu refuses ce Prix Nobel de la Paix, que tu le refuses fièrement et solennellement devant la planète entière, en ton nom mais aussi au nom de la Tunisie, au nom des peuples arabes et musulmans marginalisés, au nom des peuples indignés, au nom de l'humanité avide de reconquérir son humanisme. Je prie matin, midi et soir pour que ce Prix te soit discerné et que tu le refuses comme l'a refusé Jean Paul Sartre, mais surtout comme l'a refusé le Vietnamien Lê Duc Tho, ce Prix qui n'a pas été attribué à Gandhi.
Chère Leena,
Je te disais dans un message que je t'avais adressé en Août quand tes amis « progressistes » et « modernistes » t'avaient incendiée sans merci à cause de cette photo prise avec Rached Ghannouchi que :
"L'histoire ne tolère aucun intrus, elle choisit elle-même ses héros et rejette sans pitié les êtres qu'elle n'a pas élus, si grande soit la peine qu'ils se sont donnée." [Stefan Zweig]
Tu te rappelles ? Je le pensais et le pense toujours aujourd'hui. Sache que je ne l'avais pas envoyé par hasard....
Tu n'avais jamais donné suite à ce message... Je ne m'attends pas à ce que tu donnes suite à celui-là mais je te souhaite de tout mon coeur d'entrer dans l'Histoire du Monde par la grande porte. Je te souhaite d'être cette voix libre et affranchie qui s'élève à travers cette Tunisie nouvellement libre et prochainement, je l'espère, affranchie, pour dire NON à l'impérialisme, NON au capitalisme sauvage, NON à la propagande universelle, NON à la répression et à la déshumanisation des peuples. Un NON qui résonnera comme la plus belle promesse d'un monde nouveau, un monde certainement pas parfait mais meilleur, un monde qui aura vu le jour en Tunisie grâce à l'éclat de l'indignation d'un peuple resté trop longtemps muet, un peuple Arabe et Musulman pour qui le respect et la tolérance sont la plus belle religion et qui aura changé l'Histoire.
Avec ma tendresse, mes espoirs et mon infini respect
Olfa Riahi
رسالة من رومانيا لشعب يعتقد أن الحل في الإنتخاب
في الماضي القريب قبل 22 سنة ، كانت فما بلاد في أوروبا اسمها رومانيا "تونس متع العرب" و كان يحكمها دكتاتور اسمو شاوشيسكو "بن علي متع تونس" و كان عندو مرا شريرة اسمها إلينا "ليلى متع تونس" و كانوا الأثنين غول يخاف منو الشعب الروماني "الشعب متع تونس" و كان الجبن و النفاق "الطحين متع التونسي" منتشر بصفة غريبة إلى حد أنها أصبحت متغلغلة في عقلية هالشعب ... كان تشاوشيسكو يرفع في عديد الشعارات الكاذبة"رفع التحديات متع تونس ..." كان ديمة يستعمل في سياسة السلام مع كل بلدان العالم و كان ديمة ينادي بالأمن و الأمان و عدم التطرف لأي توجه آخر "السياسة متع بن علي" و اعتبار أن الحل الوحيد لتقدم البلاد هو الحزب الشيوعي الروماني " التجمع متع تونس " و كان ديمة يربح في الاتخابات دون منازع فهو الرئيس الملهم و لازم ديمة الشعب يطلبوا بفترة رئاسية جديدة" أربعطاش بعد ألفين ما ينجمها كان الزين..." و كان عندو ديون خارجية عشرة مليار دولار فاختار باش يسددها بوضع كل المنتوجات الرومانية للتصدير و الشعب يمشي في هاوية ...نفس الشيء في تونس الفرق هو أن المنتوجات كانت للسرقة مش لتسديد الديون إلى ما أدى إلى فقر عارم و مستوى معشي متدني و فقدان للكرامة و الذل و الإهانة و ما كانش شاوشسكو المتمتع بخيرات رومانيا مع زوجته يتصور أن الشعب يحل فمو نهار و يقولوا ديقاج
كثر الظلم في رومانيا بصفة لا تطاق و كثر معها إحتقان الشعب إلى أن أطلقت الشراره من حادث بسيط فى مدينة تيميشوارا "سيدي بوزيد متع تونس " فقد كان خلاف بسيط حدث بين مجموعة من رعية قس "البوعزيزي متع تونس" في مدينة تيميشوارا الذي واجه خطر إخلاء بيته بالقوة من قبل سلطات الأمن ، فكان هذا كافي باش تشعل الثورة و تضامن سائر سكان المدينة مع جرأة و شجاعة أهلها و تجمعوا بأعداد كبيرة في ساحتها المركزية ومباعد تطورت الأمور و لم تكن لها أية صلة بالقس و مسألة إخلائه لمنزله فأطلقت شعرات تندي بإسقاط الحكم "خبز و ماء بن علي لا متع تونس " و تحولت المظاهرات للمدن المجاورة إلى أن وصلت لبوخارست "العاصمة متع تونس " و تصدى لها رجال البوليس و قتل حوالى 4000 وزادت المظاهرات واستدعى شاوشيسكو وزير دفاعه وطلب منو باش يزيد من كثافة النيران، وكان رد وزير الدفاع مفاجئاً : الجيش لا يستطيع قتل الشعب كله.. ونفض الجيش يديه من الحكاية و رمى الكرة للداخلية إلى أن حاصر الشعب القصر مع العلم أنه في تلك الفترة ما فماش لا فيسبوك لا تويتر لا انترنات جملة ... و بدى شاوشيسكو يفقد في الأمل و وسط مشاعر الإحباط قرر باش يفصع ... ولكن وين الفصعة يا شاوشيسكو ؟
فعندما لم يجد معاونو شاوشيسكو من جيشه الخاص الذي دربه على قهر المواطنين وإلهاب ظهورهم بسياطه وملاحقتهم وسوقهم إلى المحاكم العسكرية والاستثنائية والمعتقلات والسجون والمقابر الجماعية والمنافي بسياطه...السبيل للفرار قاموا بدور بطولي و هو القبض على شاوشيسكو و تقيده مع زوجته و قاموا بقتله هو و زوجته بعد محاكمه صوريه إستغرقت دقائق و ظهروا أمام الجماهير أنهم أبطال و الجيش و الشعب يد واحده " كيف الجيش متع تونس بالضبط " و بعدها ظهر الغنوشي متع رومانيا في التلفزة و قالهم : الثائر الحق هو من يهدء بعد ثورته ليبنى الأمجاد و ضهروا برشة منافقين في القنوات التلفزية الرومانية "كيف حنبعل ،نسمة ، تونس ضبعة ..." و قالوا انو ما فماش حاجة اسمها ثورة مضادة و أن الحزب الشيوعي "التجمع متع تونس" إنتهى من غير رجعة و الناس لازم تفكر فى المستقبل و ما تغزرش تحت ساقيها و هاذي مرحله إنتهت من تاريخ رومانيا و لازم الشعب ينساها و يبني عليها رومانيا الجديدة ...بالطبع رفقة أغاني رومانيه للتمجيد فى الثوره و الترحم على الشهداء الأحرار كيف صوفيا صادق و لطيفة العرفاوي متع تونس ...بالطبيعة الناس صدقت المظاهر الإحتفالية و النوار و الأعلام و الأغاني إلى أنهم ولاو يعتقدوا انو أي رئيس باش يجي في المستقبل لن يتجرء على التعدي على الشعب الروماني العظيم
ثم فجأة بداو جماعة الحزب الشيوعي يظهروا في الساحة و قالوا أنهم شرفاء و تابوا و هبطوا دمعتين(تماما كما فعل التجمعيون في تونس بعد أن تكلم بعض قيادي الأحزاب المعارضة بأنهم ضد إقصاء التجمعين الشرفاء إلى ما أدى إلى إنقسم حزب التجمع إلى احزاب موالية )
ودخل الحزب الشيوعي الإنتخابات بالقيادات المشهوره بفسادها "جغام ، مرجان ...متع تونس " في منافسة الأحزاب المعارضة"النهضة ، المؤتمر ،حزب العمال ...متع تونس " ثم سيطر على البرلمان كله و بالديمقراطيه و بعد سنه و نصف تم التنكيل بالمعارضه و تصفيتها جسديا ...بالطبيعة عرفتهم شكون في تونس هههه و تحولت رومانيا لبلد ديمقراطى لكن أكثر فقرا فيه تداول للسلطه بين مجموعة من الفاسدين ، فأصبحت ثورة رومانيا أضحوكة العالم بعد أن كانت محط أنظار العالم كله و معادش الشعب الرومانى هو الشعب الى ضحى ب 4000 آلاف شهيد للحريه و الكرامة و الديمقراطيه بل هو من ضحى بآلاف الشهداء من أجل قتل شاوشيسكو و المجىء بفاسد آخر ، فهو من أسقط الرئيس و لم يسقط النظام مع العلم بان نسبة التعليم فى رومانيا 100 %
لا شك أن ثورة رومانيا 1989 أعادت العبرة إلى الشعب الروماني لكنها لم تسطع إسقاط النظام و منع تعاليق المرارة و السخرية الموجهة لها حالياً ...فما بالك بشعب لم يسقط حتى الرئيس بل أن رئيسه مازال حرا طليقا يعيش هو وأسرته مطمئنا فى قصره بالسعودية و قتلة شعبه يتمتعون بالترقيات و المصالحات الشعبية التي يدعو لها الكثير من الخونة لدماء شهدائهم
الحقيقة كتبت التدوينة هذي و كلي أمل بأن يأخذ الشعب التونسي العبرة من شعب إعتقد أن الإنتخابات هي الحل الوحيد للكرامة و الحرية و من أجل إعادة النظر للأمور بجدية أكثر بعيداً عن مصالح بعض الأحزاب التي لم تنفع حتى نفسها طيلة 23 سنة










